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Canada. Office national du film / Bibliothèque et Archives Canada / PA-134317

Egerton Herbert Norman

 

« Vous ne pouvez pas vous débarrasser du poison quand vos émotions ont été salies. Comment pouvez-vous répliquer à cette sorte de chose? »

Egerton Herbert Norman

 

«Norman (à gauche) en conversation avec le général américain Douglas MacArthur lors de la réception de la fête du Jour du Dominion à l’ambassade du Canada, Tokyo, Japon, 1947». Canada. Affaires extérieures / Bibliothèque et Archives Canada / PA-18769


La vie et la carrière diplomatique pleine de promesse de Egerton Herbert Norman furent tragiquement abrégées par l’hystérie anti-communiste de la guerre froide. Né de parents missionnaires canadiens méthodistes à Karuizawa, Japan en 1909, Norman passa sa jeunesse dans ce pays. Au cours des années trente, il étudia à l’université de Toronto, à Cambridge et finalement à Harvard où il obtint son doctorat avant de publier un livre très influent : Japan’s Emergence as a Modern State (1940). Pendant ses études, Norman avait été communiste. En 1939 il devint le premier de plusieurs “mish kids” (enfants de missionnaires) à se joindre au ministère des Affaires extérieures, qui, et ce fut une première, le recruta spécifiquement pour sa formation dans une langue étrangère. Son affectation à la légation du Canada à Tokyo interrompue par l’entrée du Japon dans la seconde guerre mondiale, Norman revint au Japon en 1946 en tant que chef de la mission de liaison du Canada dans le pays occupé, assistant le Commandant suprême des Puissances alliées Douglas MacArthur dans la supervision de la transition vers la démocratie. Lorsque des informations concernant son passé de communiste firent surface en 1950, Norman fut rappelé à Ottawa, où il fut exonéré de toute déloyauté professionnelle, mais pas avant que son nom ait été publié au cours des audiences du Congrès aux États-Unis alors dans les affres d’un Maccarthysme sans discernement. En 1953 Norman fut nommé haut-commissaire en Nouvelle-Zélande et ensuite en 1956 ambassadeur en Égypte, où il réussit avec brio pendant la crise de Suez à persuader un président Gamal Abdel Nasser très méfiant d’accepter des gardiens de la paix de l’ONU, incluant des canadiens sur le sol égyptien. En avril 1957 toutefois, un comité du Sénat américain à nouveau pointa publiquement Norman comme communiste ce qui l’incita à se suicider en sautant d’un édifice au Caire. Sa mort choquante suscita une flambée d’anti-américanisme au Canada. En 1990 un rapport indépendant commandé par le ministère des Affaires extérieures conclut qu’il n’y avait pas ‘un iota de preuve’ pouvant suggérer que Norman avait été un espion.

Lecture supplémentaire:

  • Peyton V. Lyon, The Loyalties of E. Herbert Norman: A Report Prepared for External Affairs and International Trade Canada, March 18, 1990 (Ottawa: 1990).
  • Bowen, Roger W, Innocence Is Not Enough: The Life and Death of Herbert Norman (Vancouver: Douglas & McIntyre, 1986).
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